Barbara W. H
Scheveningen
n° 8
Le vent du nord hantait la plaine...
Barbara W. H
Scheveningen
n° 8
Le vent du nord hantait la plaine...
n°9
photo : BJC
Mai 2015
L'AURORE
n° 11
D'abord le voile de la nuit s'est déchiré, la séparant du ciel avec délicatesse.
Alors elle a jailli de l'ombre, onduleuse, secrète. Et je reviens vers elle
à l'heure du réveil pour la revoir encore.
Mais quand donc l'ai-je vue pour la première fois ? Je ne saurais le dire.
Elle m'est familière comme sont les visages
qu'on a toujours connus.
Et je reviens vers elle subir l'envoûtement.
Mais pourquoi cette fascination, pourquoi ce besoin d'elle,
cette envie de la voir ?
Ce désir de comprendre...
Les tissus de la mer. La mer rideau de soie.
La mer drap gris des matins lourds, drap froissé des amours, immense page qui s'étire, page blanche qui palpite.
Et c'est cette page que je veux noircir en regardant le roc, en écoutant la vague. Je me battrai avec la feuille blanche et j'en triompherai.
Je décrirai la mer et je l'inventerai.
Emportez-moi ô vagues jusqu'aux portes de la déraison
au rythme de vos frémissements.
La mer est belle quand l'aurore
triomphe des ténèbres.
La mer est belle dans sa robe gris-vert. Impalpable, fluide.
Divine dans sa simplicité (ô majesté des lignes pures).
J'admire le tableau qu'un peintre de génie posa devant mes yeux.
Horizontalité de la mer et arc parfait du soleil posé sur elle.
Extrait de Chant de la mer - 1979
n°12
Souvenir de Varsovie (prose)
Varsovie s’endormait dans la nuit de novembre et la pluie qui tombait monotone s’insinuait entre les pavés.
La ville était sereine.
— Avec le temps les blessures des villes aussi finissent par se cicatriser
Et soudain sur la place déserte une femme a surgi.
Elle courait dans son long manteau noir.
— Qui est-elle? Où va-t-elle? Et pourquoi cette fuite ?
Je ne le saurai pas.
Quelques pas sous la pluie …elle avait disparu…
Et je me suis souvenu de ce long mur gris —œuvre de barbarie, prison pour innocents — et de cette gare sinistre des voyages sans retour.
*
Varsovie novembre quarante-deux.
On entendait au loin des bruits de fusillade et des femmes, des hommes passaient devant les morts.
Ils fuyaient affamés vers un port improbable.
Et l’ombre qui avait traversé la place s’incrustait dans ma mémoire.. .
novembre 2010
Plante sans beauté, munie d'une défense redoutable, le mûron porte pourtant des fruits délicieux.
2009
n°15
La vieille dame