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jeudi 20 mai 2021

La fantaisie

 



Bœuf miroton

Toutankhamon

Constellation

Révolution

                                                Alexandrie

                                                Travail patrie

                                       Un bol de riz

                                                 Amant mari

Un vieux maniaque

Gaz ammoniac

Coup de matraque

Un  œuf de Pâques

                                                  Éléonore

                                                  D'accord d'accord  

                                                  Elle est en or

                                                  Perdre le nord  

Mars 1974

                                           *  

Un poète avait chanté ça un soir d'été.

Et après l'avoir écouté

chacun a donné son avis.

Le snob a dit:

- Pensée profonde !

On y sent   l'inquiétude du monde.

Un jeune homme  a déclaré :

- Vous êtes un affreux réactionnaire!

- C'est plutôt  la pensée d'un révolutionnaire 

a dit un vieillard renfrogné.


                              *
Et le poète avait bien ri.

 Tous ces gens avaient oublié

que parfois la poésie 

prend la voie de la fantaisie.

  Mai 2021 

mercredi 7 octobre 2020

Fleuves 1-26

 

                                                            la Loire

Connaître le fleuve

   Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai découvert la Garonne sur une grande carte que l’instituteur avait fixée au tableau. 
   La Garonne devenait  sur nos cahiers, une ligne bleue qui serpentait tantôt vers la gauche, tantôt vers la droite. C’était une sorte de squelette de poisson biscornu, avec ses arêtes irrégulières. On apprenait tout cela par cœur.
   Nous savions  situer dans l’espace des noms de villes et de rivières, mais il faut bien le dire, nous ne savions rien de la Garonne.  

                                                  *

On ne connaît pas les fleuves en lisant les livres de géographie.

Pour comprendre le fleuve, il faut le suivre de la source à la mer, il faut appréhender les liens qui se sont noués entre lui et les hommes, il faut saisir sa dimension culturelle et poétique.   

Seuls les voyages nous permettent de bien connaître les fleuves.

    La Loire

   D'abord, ce n’était qu’un maigre filet d’eau, puis le ruisseau a grossi,  est devenu fleuve fougueux, il a traversé des gorges verdoyantes.  

Je l’ai vu s’assagir et devenir  fleuve épanoui et majestueux avec ses îlots ombragés et ses bancs de sable.  C’est là, au cœur du Val de Loire, que j’apprécie le mieux ses charmes. 

L'osmose entre la nature si apaisante en cet endroit et le génie humain qui a construit ponts, abbayes, églises et châteaux élégants, y est parfaite.


jeudi 3 septembre 2020

Solitude et plénitude

 

Solitude

     Dans la solitude d’une chambre ou d’une montagne,   certains appréhendent le silence car se retrouver seuls  avec eux-mêmes les angoisse.

Plénitude       

    Il suffit parfois de peu de chose pour éprouver l’espace d’un instant un sentiment de plénitude. Il suffit de regarder une rivière qui coule tranquillement devant vous, un couple de hérons  qui passe en rasant la surface de l’eau et puis soudain, au moment où le soleil va se coucher   derrière la montagne, vous apercevez, étonné, des rayons violacés qui traversent comme dans un rêve  la paille couvrant le toit d’une terrasse. 

2018

                                                                  *

Sur la montagne

La montagne se tait

dans son voile de nuit

Et quand tu viens ici

rêver dans le silence

plus que l'immensité

et plus qu'une présence

c'est toi-même

que tu cherches.

1974



jeudi 2 juillet 2020

La montagne.lect


57


Dans les années 1960 à 1980, je mettais la plupart du temps mes poèmes en musique, ce qui m'obligeait à écrire des vers classiques.

                                        La montagne


                                   *
Mystérieuse montagne, imposante et sereine,
tu m'apparus d'abord hostile sous ton voile
puis j'appris à t'aimer, à oublier mes peines
quand je te regardais  au milieu des étoiles.

Souvent je pense encore à ces nuits de bonheur
quand nous allions vers toi chercher l'intimité.
Nous restions sans parler pendant de longues heures
et le silence avait un goût d'éternité.

Été 1973

jeudi 11 juin 2020

Les voyages imaginaires




                           Photo MabelAmber - pixabay.com


J'aurais aimé sur un nuage
porté par des vents sympathiques
partir vers d'autres paysages
et découvrir les Amériques

J'aurais voulu comme l'oiseau
m'en aller aux premières brumes
et revenir quand il fait beau
user au nid mes vieilles plumes

Mais je n'ai jamais voulu vivre
loin de ma rue, de mon village
Alors j'ai cherché dans les livres
ma part de rêve et de voyages.

1981


jeudi 7 novembre 2019

Une ville, un village


Photo  Dana Tentis - pixabay.com

AMSTERDAM

Les églises désertes
et leurs pierres trop grises.
La cloche, à contretemps,
qui sonne sur la ville
Personne ne l'entend.
La place est un champ vague
où la foule se perd
- ô le poids de l'absence -
Mais soudain le sourire
de la femme qui passe,
lumineux, troublant comme
un tableau de Vermeer

1980

Cordes-sur-Ciel


   Nos sentiments vis-à-vis des lieux que nous visitons sont comme ceux qu'on éprouve vis-à-vis des personnes. Parfois la première impression nous éblouit et les rencontres qui suivent nous déçoivent. L'humeur du moment peut aussi modifier nos impressions.

                                                        ***

  Rodolphe a découvert les vieilles ruelles de Cordes-sur-Ciel, un jour d'automne, sous la pluie. 
La jeune femme qui l'accompagnait ce jour-là l'aimait sincèrement. Le village l'avait  séduit.
Il était persuadé que Cordes était le plus beau village de France.

 Cet été, Rodolphe a refait seul le même chemin. Sa compagne venait de le quitter. Elle lui avait dit simplement qu'elle ne l'aimait plus.
Cordes lui est apparu désespérément triste.

2017



jeudi 13 juin 2019

Pierres





Pierres

Informe un tas de pierres
qu'envahissent les ronces
encombre le chemin.

Elles avaient pris vie
sous les doigts du tailleur
qui tenait le ciseau
sous ceux de l'artisan
qui leur a donné sens.

Ici t'en souviens-tu
s'élevait un moulin
Mais le vent du mépris
a tué le passé
et les pierres sont mortes
d'avoir perdu leurs liens

1975 - Images vues



vendredi 1 mars 2019

Arbres et forets; bjc26









                                           Forêts

Et je m'enfoncerai
dans ces forêts profondes
où les arbres frissonnent
comme des épidermes.
Je boirai à la source
le suc de vérité.
Puis j'irai vers la mer
où la vague dessine
sur le roc de granit
les fleurs de l'avenir.


1983



                                 Arbres abattus






Je me promenais, un matin d’été, dans la forêt quand j’aperçus soudain, couchés au bord du sentier, de grands arbres vigoureux qui la veille encore se dressaient vers le ciel. Ces arbres qui avaient recueilli tant de confidences et donné tant de joies aux promeneurs me disaient qu’ils auraient aimé vivre encore pour sentir la caresse du vent sur leur feuillage, entendre gazouiller les oiseaux, offrir leur ombre au marcheur accablé de chaleur, abriter les amours d’un couple passionné. 




vendredi 15 février 2019

L'instant (poème)



C'était un matin d'été, dans les Vosges en 1980. Le lac que j'avais devant les yeux me parut d'une grande beauté. La scène m'inspira ce poème écrit en 1983.

L'INSTANT


Nous nous sommes assis
sur un vieux banc usé
pour regarder le lac
renaître de la brume.

D'autres viendraient demain
et dans cent ans peut-être
- nous ne le saurons pas -

Nous avons goûté le silence
et figé dans nos mémoires labiles
l'intimité de l'instant 
qui nous faisait vivre.

Texte publié dans l'anthologie Poètes d'aujourd'hui en Région Nord/Pas-de-Calais -1994


mardi 22 janvier 2019

Le cheval ( deux poèmes)





L'ENCLOS


Parfois, quand leur mémoire caduque
ne connaît plus le goût des escapades,
quand dans le regard de l'enfant qui passe
ils ne voient plus la lumière
des grands espaces,

subrepticement, des chevaux fatigués
accrochent aux barbelés de l'enclos
un brin de rêve.

Mai 2010

CES CHEVAUX QU'ON ABAT

Aux barbelés barbares de l'oubli, 
il a suspendu son galop,
 arraché sa crinière,
retenu un sanglot.
Le vieux cheval attend la nuit
et dans les yeux de l'enfant qui passe, 
il ne voit plus la lumière
des grands espaces.
Il devine son sort
et le sang qui s'écoule
dans la pâleur de l'aube.

Mai 2012

voyages bjc n°11