Prose
Le Cap blanc nez
Ce jour-là de mars, le vent soufflait âprement au bord de la mer.
Les promeneurs encapuchonnés étaient rares sur la plage et je m’étais arrêté pour mieux apprécier ce paysage vu maintes fois et dont je ne me lasse pas : les falaises blanches du cap se dressaient devant moi, semblables à celles qu’on aperçoit de l’autre côté du détroit.
Puis mon regard s’est attardé sur la lande verte et ses multiples plis.
Dominant le paysage, la présence obsédante d'un monument rappelle au promeneur le sacrifice des soldats britanniques et français morts lors de la dernière guerre dans ce cadre si paisible.
La guerre, hélas, fait des dégâts. Mais la nature se montre plus forte qu'elle. Ses beautés finissent par renaître.
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Poète, ta raison de vivre est dans la création.
La mer est devant toi et le bouillonnement des mots
t'emporte malgré toi.
Tu devines la source
et tu vas vers le fleuve
puis bientôt à la mer.
Comme un bon artisan tu tisses le poème.
La mer est ta complice.
Pénètre ses secrets
la texture du sable
le poli du galet
et l'algue et le plancton et le roc et l'écume.
(Extrait du Chant de la Mer - 1978 )

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