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mardi 7 octobre 2025

l'aurore.lect

 


                                 L'AURORE

                                      n° 11

                                         



D'abord le voile de la nuit s'est déchiré, la séparant du ciel avec délicatesse.
Alors elle a jailli de l'ombre, onduleuse, secrète. Et je reviens vers elle
à l'heure du réveil pour la revoir encore.
Mais quand donc l'ai-je vue pour la première fois ? Je ne saurais le dire.
Elle m'est familière comme sont les visages
qu'on a toujours connus.
Et je reviens vers elle subir l'envoûtement.

Mais pourquoi cette fascination, pourquoi ce besoin d'elle, 
cette envie de la voir ?
Ce désir de comprendre...

Les tissus de la mer. La mer rideau de soie.
La mer drap gris des matins lourds, drap froissé des amours, immense page qui s'étire, page blanche qui palpite.
Et c'est cette page que je veux noircir en regardant le roc, en écoutant la vague. Je me battrai avec la feuille blanche et j'en triompherai.
Je décrirai la mer et je l'inventerai.

Emportez-moi ô vagues jusqu'aux portes  de la déraison
au rythme de vos frémissements.

La mer est belle quand l'aurore
triomphe des ténèbres.
La mer est belle dans sa robe gris-vert. Impalpable, fluide. 
Divine dans sa simplicité (ô majesté des lignes pures).
J'admire le tableau qu'un peintre de génie posa devant mes yeux.
Horizontalité de la mer et arc parfait du soleil posé sur elle.

Extrait de Chant de la mer - 1979

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la lune.bcj26 N°6