Dans le cadre du mois de poésie initié par la DRAC du Nord-Pas-de-Calais en 1978, le texte Les vents contraires a été présenté à Boulogne-sur-mer sous forme de diaporama, avec en fond sonore la Messe pour le temps présent de Pierre Henry.
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jeudi 18 mars 2021
Les vents contraires - n°3
Dans le cadre du mois de poésie initié par la DRAC du Nord-Pas-de-Calais en 1978, le texte Les vents contraires a été présenté à Boulogne-sur-mer sous forme de diaporama, avec en fond sonore la Messe pour le temps présent de Pierre Henry.
jeudi 11 mars 2021
Les vents contraires - n°2
Dans le cadre du mois de poésie initié par par la DRAC du Nord-Pas-de-Calais en 1978, le texte Les vents contraires a été a été présenté à Boulogne-sur-mer sous forme de diaporama, avec en fond sonore la Messe pour le temps présent de Pierre Henry.
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(La ville est un grand temple vide)
À défaut d'exister, on possède.
On se laisse guider, on abdique, on se laisse séduire.
Et les jours passent.
Alors pour oublier, on part et l'on va où les autres sont déjà et une fois encore on rejoint la foule qui n'a rien à vous dire,
qui passe à côté de vous dans la frénésies des klaxons, dans le bruit des machines.
Et la lumière des néons, les affiches publicitaires, les lampes des cafés sont là pourtant qui vous rappellent qu'ici des hommes vivent.
Certains d'entre eux vivent couchés dans l'abondance.
Et les décibels de leurs grosses voitures couvrent les cris de ceux qui, mutilés, torturés dans les prisons de la honte ne savent pas si demain ils verront le soleil,
les cris de ceux qui n'ont rien, pas même la force d'être. Et ils traînent leurs corps décharnés à la recherche de la goutte d'eau, du grain de riz qui maintiendront en eux et pour combien de temps une faible étincelle de vie.
*
Poète, tu regardes ce monde qui ne tourne plus rond.
Tu viens avec pour seule force ton amour du Beau et du Vrai.
Tu viens avec tes pauvres mots.
Et tu dis aux hommes : " Vous avez engendré la folie et la folie vous menace."
à suivre
jeudi 4 mars 2021
présentation.lect
Dans le cadre du mois de poésie initié par la DRAC du Nord-Pas-de-Calais en 1978, le texte Les vents contraires a été présenté à Boulogne-sur-mer sous forme de diaporama, avec en fond sonore la Messe pour le temps présent de Pierre Henry.
Extrait :
présentation de 2025
Être poète en cette fin de siècle, pour quoi faire? Sublime ou dérisoire, la poésie ?
La poésie, un aimable divertissement, l'alignement de mots aux sonorités plus ou moins belles ? Un jeu de l'esprit ? Ou la poésie essentielle à l'homme ?
La poésie étrangère à tant d'individus. Un mode d'expression condamné à rester limité à quelques amateurs ?
La poésie pour beaucoup souvenir de l'école où elle n'était trop souvent qu'exercice de mémoire.
La poésie qu'on fuit, qu'on ignore et le poète dont on se gausse, gentil farfelu enfourchant un nuage.
Et pourtant ils sont là, les poètes qui poursuivent leur route et qui vont les mains nues et qui poussent leur cri.
Cri d'amour. Cri d'alarme car le monde va mal.
*
Poète, qui entendra ta voix dans cette foule qui va vers son destin
et qui ne pense qu'à survivre dans un îlot de solitude
ou à fuir car elle a peur de la vérité ?
La ville qui fourmille de richesses est un grand temple vide
et les tours de béton où s'entassent les anonymes secrètent l'ennui.
Alors dans la froideur des meubles de formica,
on tue le temps à coups d'artifices,
on se réfugie où l'on peut,
on se grise de vitesse, de paradis dangereux.
jeudi 25 février 2021
Bestiaire n° 5 : Le lézard
Comment parler du lézard, petit animal somme toute banal qui laisse indifférent beaucoup de gens, contrairement au crocodile que les hommes craignent ou au varan à la taille monstrueuse ?
Francis Ponge écrivait qu'il ne faut pas décrire la réalité, ce qui est la tâche du scientifique, mais la faire apparaître, ce qui est l’objectif du poète. Écoutons ses conseils.
C'était un après-midi de juin. Assis sur la terrasse d’un bungalow offrant une vue superbe sur la montagne, je rêvassais au soleil (je lézardais aurait pu convenir mais on aurait pu me reprocher cette facilité) lorsque la petite bête surgit d’un chemin caillouteux et entreprit de grimper sur la terrasse.
Pour un homme du Nord, la rencontre d’un lézard n’est pas un événement anodin. Ce petit reptile lui inspire la sympathie car il est le signe de vacances ensoleillées et chaudes.
Mais il est plus que cela : dès que vous l’apercevez, sa manière de progresser sur le sol, les écailles qui recouvrent son corps, vous délivrent un message. Elles vous rappellent ses ancêtres qui peuplaient la planète au temps lointain où rien ne garantissait que l’espèce humaine verrait le jour des millions d’années plus tard.
Je regardais donc le lézard, animal discret et prudent, avancer sur une planche. Sa progression était chaotique, il faisait quelques pas avant de s’immobiliser — réfléchissait-il aux éventuels dangers qui le menaçaient avant de décider d’aller plus loin ? — puis reprenait son cheminement hésitant.
Et soudain il disparut pour rejoindre un amas de vieilles pierres et de feuilles séchées qui abritait maintes bestioles dont il ferait son repas, m’abandonnant à la rêverie qu’il contribuait à entretenir.
2019
jeudi 18 février 2021
Bestiaire n° 4 : le moineau
Le moineau est un animal familier.
Rien chez lui n’attire l’attention : la femelle a un plumage terne, brun et gris, les couleurs du mâle sont plus vives et son corps présente des taches blanches et noires.
Le moineau est un petit être ordinaire, on entend à peine son pépiement.
On pourrait penser qu’il est davantage à l’aise dans la cour des maisons modestes qu’on voit près des usines plutôt que dans les jardins sophistiqués des résidences de riches propriétaires.
Ce jour-là, assis sur la terrasse d'un bungalow, je regardais le paysage.
Des oiseaux allaient et venaient, se posaient dans les herbes hautes puis repartaient plus loin.
Pour les voir de plus près, je lançai quelques morceaux de pain dur et quelques petits fruits.
Aussitôt, ils vinrent se poser à trois ou quatre mètres de moi. La plupart d’entre eux étaient des moineaux ; quelques oiseaux plus gros se mêlèrent au groupe.
J’observais, amusé, la stratégie des uns et des autres.
Un moineau isolé se fit voler son bout de pain par un merle qui disparut aussitôt, le butin dans le bec.
D'autres moineaux plus malins s’emparaient brusquement du morceau et repartaient pour le manger à l’abri des regards, cachés sous une haie.
Chacun montrait son caractère et son intelligence.
On ne peut se résigner à voir disparaître de nos jardins et des parcs le modeste moineau.
2020
jeudi 11 février 2021
Bestiaire n° 3 : le pigeon
J'aime l'insolence du pigeon parisien qui, après avoir survolé la statue qui orne le parc, décide de se poser sur la tête de l'apollon puis, doucement, abandonne sa fiente.
jeudi 4 février 2021
Bestiaire n° 2 : le héron
Alors que l'œil du profane a beaucoup de mal à mettre un nom sur le passereau qu'il aperçoit dans son jardin, il reconnaît au premier regard le héron qui déambule au bord des étangs, des rivières, et s'aventure parfois même aux abords des villes.
Le héron est un oiseau à la fois gracieux et gracile.
Il doit sa grâce à la longueur du cou et des pattes dont la finesse donne une impression (fausse) de fragilité.
Le héron aime la lenteur et la patience est sa principale qualité.
Il lui arrive souvent de rester immobile pendant des heures, tenant sur une patte, le cou replié. Dans cette performance prolongée, il est aussi parfait que les statues humaines qui épatent le touriste à Vérone ou à Florence.
Tel n'est pas cependant l'objectif du héron. Chez lui, cette posture est avant tout une stratégie de chasse destinée à tromper le poisson ou la grenouille qui s'approche de lui.
L'attitude de vieux sage en pleine méditation qu'il aime prendre est une arme redoutable.
2020
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Ponge, poète des choses À ceux qui ne sont pas familiers avec son œuvre, à ceux qui pensent qu’il est un auteur difficile, j...





